L'arrière pensée et la parano sont deux composantes importantes de l'être humain en général, et de l'être politique en particulier. Par être politique j'entends non seulement les hommes politiques mais aussi tous ceux qui gravitent autour d'eux d'une manière ou d'une autre.
L'arrière pensée est le double sens d'une action : son sens premier (explicite) et immédiatement visible et son sens caché (implicite) pas toujours immédiatement compréhensible, sauf à en connaître les tenants et aboutissants.
La parano est la méfiance, le manque de confiance quasiment organique par rapport à toute action politique. Elle en élimine d'office le sens premier pour se concentrer aussitôt sur son sens caché.
Donc, l'arrière-pensée (ou même sa suspicion) induit normalement et immanquablement la parano.
Le problème est qu'il n'est pas donné à tout le monde de décrypter les arrière-pensées pour en tirer la substantifique moelle. La guerre incessante entre les hommes politiques et leurs analystes reste restreinte à un petit milieu spécialisé. Sauf à faire connaître au plus grand nombre leurs déductions, le vulgus pecus, pas assez éduqué ou paresseux, n'est pas toujours au courant des sous entendus des politiques et, malheureusement, se contente de voir le sens premier de leurs déclarations. Certains d'entre eux, sachant que plus le sens premier est gros et incroyable, masquent derrière une forêt un arbre.
Tout cela induit immanquablement que tout résultat d'une action politique est celui d'un complot, qu'il soit catastrophique (affaires DSK) ou constructif (libérations d'otages). C'est cela qui fait que, la confiance en les hommes politiques étant de plus en plus réduite, les thèses « complotistes » fleurissent. Et tout parano qui se respecte voit des complots partout et à raison puisque tout ce qui est politique les porte génétiquement.
A-t-on raison d'être parano ?
Imaginer qu'un homme politique complote c'est lui donner un pouvoir créatif, visionnaire même puisqu'il faut qu'il prévoie les conséquences de ses actes, et de moyens, ce qu'il a plus facilement lorsqu'il est aux affaires que dans l'opposition. Accepter les dénégations d'un homme politique en ce qui concerne les complots qui lui sont attribués, dénote une grande erreur tactique de sa part et donne une piètre idée de ses pouvoirs. En fait, la suspicion de complot d'un homme politique le valorise dans ses capacités d'action si ce n'est moralement.
Le complot politique est-il acceptable ?
(à suivre)