Etzel ou l'étonnement

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lundi 27 août 2007

Mort et transfiguration

Je reviens sur la pointe des doigts sur mon blog, mais, depuis le décès de mon épouse, le cœur n'y est plus. Autant j'avais du plaisir à écrire du temps où elle était là, autant je n'ai plus de motivation pour le moment. 
Pour le moment... Je trouve particulièrement obscène cette notion de temps. J'ai l'impression que si je ne pense plus à mon épouse, si je refais ma vie comme tout le monde m'y exhorte, je l'abandonnerais, je la laisserais mourir une fois encore... Alors, je m'évertue désespérément à entretenir sa mémoire de toutes sortes de manières : elle est présente dans mes conversations, j'écris un « livre » sur elle, je prépare un projet de plaque pour le colombarium, je médite de faire sculpter son buste... Serait ce des tentatives maladroites et tardives pour me déculpabiliser ?
Je sais qu'il est trop tard pour revenir en arrière et que je suis inexorablement soumis au temps, ce qui me révolte particulièrement. Jamais la réalité ne m'avait autant violenté qu'avec cette mort ; Jamais je n'avais autant pris conscience de sa brutalité impitoyable. La révolte se le dispute au fatalisme. Je continue de vivre plus par habitude que par réelle volonté. Les choses s'accomplissent automatiquement et vainement. Plus grand chose n'a d'intérêt. L'horreur est que ma personnalité reprend le dessus et que j'arrive très bien à m'en sortir seul. Je n'ai même plus besoin de mon épouse ! Enfin, surtout en ce qui concerne le quotidien. Pour ce qui est de l'affectif, c'est un autre problème...
Oui, il parait que le temps est un excellent thérapeute...

mercredi 14 mars 2007

Marché

La libéralisation (pas la libération !) de la société française a entraîné un effet collatéral pervers et monstrueux qui est la mercantilisation de la politique. Non seulement le fait que les politiques se vendent comme des produits, mais aussi que les français ont à leur encontre une attitude de consommateur. Ils appliquent le principe du « moins disant » et non du « mieux disant », c'est à dire qu'ils choisissent non en fonction du contenu des discours ou des programmes, ni même forcément en fonction de la personnalité des impétrants (encore que), mais par rapport à des critères plus ou moins subjectif de qualité/prix, comme s'ils avaient à acheter un produit de consommation. Hors idéologie, ils pèsent et comparent ce qu'on pourrait appeler le « produit candidat » par rapport à toutes sortes de critères, souvent très personnels (exemple de ce « client » qui a choisi de voter lePen parce qu'il n'accepte pas le principe du permis de conduire à points !). Ils évaluent la qualité du postulant par rapport à leurs besoins immédiats, leurs désirs, les avantages qu'ils leur apportent dans leur vie quotidienne, le prix à payer plus ou moins directement, à crédit ou non. D'idéologie, foin. Terminé les discours enflammés sociaux de la gauche et libéraux de la droite. Ils n'intéressent que les croyants. Le menu peuple lui, celui des indécis, des « apartides », des sans grades, le peuple « d'en bas » comme disait l'autre est près de ses sous, du porte monnaie de sa vie courante. Sa vision est limitée au prosaïque, à l'immédiat, à sa situation personnelle et, si l'un quelconque des candidats lui propose ce qu'il attend, il le suit.

C'est pour cela que le « centriste » Bayrou attire un grand nombre de sympathies : il représente le produit moyen, au rapport qualité/prix le plus intéressant, le moins dérangeant, le moins risqué, le moins cher en terme de conséquences (enfin, le croient ils). Il ne parle pas idéologie, il ne demande pas de réflexion à plus ou moins long terme, il effectue une moyenne satisfaisante (à leurs yeux évidemment) entre la complexité d'un discours de gauche qui demande des efforts de réflexion et d'application, et la brutalité d'un discours de droite qui les effraie. La France moyenne, décérébrée consciencieusement par des années de télé réalité entrecoupée de pub, ne sait plus réfléchir aux conséquence de ses actes. Elle veut, à l'instar de sa jeunesse facile, « tout tout de suite ». Elle se méfie de tout ce qui est compliqué, complexe, qui demande des efforts. Ne sachant plus trop quoi faire, elle est désorientée. Si un chef charismatique se présente, elle le suivra d'un seul homme. Malheureusement, il n'y en a pas : l'une est trop subtile et femme, l'autre trop brutal. Il reste donc à se blottir contre le père moyen, ne représentant ni l'une ni l'autre, les singeant suffisamment et immobile. 

L'idéologie de la famille ayant remplacé la pensée visionnaire d'une nation, tout va vers un recentrage (!) dans les valeurs familiales avec tout ce que cela comporte de peurs, de sécurisation à outrance, d'économies, d'enfermement, de valeurs sures, d'attitude timorée, de sur-protection, de législation pléthorique et pusillanime, bref de repli sur soi. Chacun organise sa petite vie précautionneusement, difficilement équilibrée par rapport aux aléas sociaux et économiques, basée sur le « moins pire » plutôt que sur le « mieux », symbole d'une population blasée et apeurée qui ne veut pas s'engager. 

Après les courses au super marché le samedi, le temps est venu de faire ses courses « politiques »... 

Comme disait je ne sais plus qui, « on a les politiques qu'on mérite ».



lundi 26 février 2007

Escroqueries en tous genres

Excellent article de Fernando Malverde rapporté par Acrimed : « Télé du futur : quel avenir pour France télévisions ? »

« L’élaboration de la Loi sur la télévision du futur s’inscrit dans la logique permanente d’un Etat libéral qui organise méthodiquement le déclin de son secteur public. » (Acrimed).

Je ne dirais pas « déclin », mais dépeçage, démantèlement, destruction, disparition. 

Et « Le gouvernement s’est empressé, en pleine période électorale, de faire passer cette disposition en urgence. » (Acrimed).

On a ici la démonstration exemplaire de la méthode extrême libérale. Cette droite extrême libérale a entrepris depuis longtemps, sous le prétexte d'une légitimité démocratique, le pillage de tout l'appareil public au profit du privé, ignorant sciemment qu'il a été financé avec des fonds publics. Et, évidemment, tout ça se passe discrètement, au travers de lois à la fois précises (quand il s'agit de favoriser les copains) et confuses et floues (quand il s'agit de favoriser le secteur public ou social). Ainsi, dans l'hypothèse catastrophique où NS serait élu, il aurait le terrain préparé pour terminer ses massacres. Dans l'hypothèse ou SR serait élue, l'extrême libéralisme a tellement détruit le secteur public qu'il sera extrêmement difficile de le reconstruire.

Quand je pense que des minables comme Hanin, Finkielkraut et autres, qui ont bien vécu grâce à la télévision publique, vénèrent cet escroc patenté, ça me donne des hauts le cœur. Car j'appelle vol toute action consistant à transférer la chose publique au privé, ce qu'essaie par tous les moyens d'effectuer la droite extrême libérale.

Si l'on veut comprendre ce qu'est la droite extrême libérale personnifiée par Sarkozy, il suffit de penser argent, profits : Tout ce qui ne rapporte pas d'argent est supprimé ou modifié de façon à en rapporter. Tout ce qui rapporte de l'argent est favorisé. Les services publics, de par leur nature, sont les premiers visés, sans compter qu'ils sont de nouveaux et vastes territoires à investir par le privé. Les humains, chair à produire, sont mis au service de cet objectif qui ne rapporte qu'aux propriétaires et aux actionnaires. Les employés sont taillables et corvéables à merci, masse malléable informe et indistincte de « force de travail » désincarnée, sans volonté propre autre que celle, néfaste pour le bon déroulement de l'exploitation, des syndicats. Le chômage est considéré comme un dommage collatéral mais bien utile pour tenir en respect les velléités de rébellion de la masse travailleuse.

Si NS était élu, je ne donne pas cher de l'avenir de la « Douce France »...


samedi 24 février 2007

Elastique

Le problème avec les politiques d'aujourd'hui, c'est qu'ils n'ont pas la culture de leurs grands aînés qui avaient une formation classique (Qui vous savez, Pompidou, Miterrand). J'exclus VGE qui était un peu fou et un pur produit de l'énarchie dont la formation est plus gestionnaire que culturelle. Il en est de même pour les énarques actuels. La conséquence en est que leurs références sont des fabrications de leur cru et qu'elles sont à l'aune de leur intelligence, ce qu'on ne peut évidemment pas leur nier. Mais, quand même.

C'est le propre de l'inculture, du génie littéraire ou de la démagogie que de manipuler des concepts à son avantage, de tordre les mots pour leur coller un sens personnel. Je ne pense pas qu'il s'agisse ici de génie littéraire... Dans le cas d'inculture, on essaie alors d'adapter les quelques notions que l'on possède à toutes sortes d'événement et, ainsi, on étire  et on déforme leur sens en fonction des besoins. Dans le cas de démagogie, c'est la même chose, mais volontairement, cyniquement, à l'adresse des incultes qui sont le lit des politiques. C'est ainsi que naissent les « bons mots » ou des expressions propres à leur inventeur et dans lesquels ils adaptent de force et empaquettent un sens qu'ils ont eux même imposé. Le sens des mots employés n'est plus précis, concis, exigeant, parfois difficile, mais il est large, imprécis, malléable, bref, c'est ce qu'on appelle des mots « fourre-tout » auxquels on colle un contenu momentané, qu'on s'approprie pour une occasion. Le mot est personnalisé, accaparé et ne doit plus servir que pour ce sens. Le mot devient un produit de consommation : on l'utilise puis, lorsqu'il ne sert plus, on le jette, indifférent à la déformation qu'on lui a faite. 

C'est aussi ainsi que les lois prolifèrent comme le chiendent puisqu'à chaque événemencule on crée une nouvelle loi, très souvent redondante avec une déjà existante.

Tout cela pour dire que l'inénarrable Sarkozy vient encore de se distinguer en se disant le chantre de « l'autorité ». Normalement, ça devrait faire rire tout le monde. L'ineffable s'est emparé du mot « autorité » qui est défini dans les dictionnaires comme étant le « droit de commander, la puissance légitime, l'empire, l'ascendant » pour résumer, et se l'est adapté, l'a endossé comme un vêtement taillé à ses mesures (!). Le mot « autorité » ne veut plus dire que « Sarkozy », rien d'autre. Ce dernier EST « autorité ». L'un ne va pas sans l'autre, ils sont intimement fusionnés. Bien qu'il essaie de nous faire gober que « L'autorité ce n'est pas l'autoritarisme (...) », essayant en cela de prévenir le quolibets de l'opposition, c'est pourtant bien de cette notion dont il s'agit ici : quand on connaît un tant soit peu l'individu, on a bien compris que son autorité est bel et bien de l'autoritarisme, c'est à dire l'imposition de son autorité, de sa loi et non un ascendant quelconque. C'est le concept du droit de commander avec une notion impérative, personnelle (clanique diront les mauvaises (?) langues) et non démocratique, librement consenti. Sarkozy impose les choses autoritairement, par la force (publique, sur laquelle il s'appuie), surtout lorsqu'elles correspondent à ses intérêts. On voit bien ici qu'il ratisse large, satisfaisant le bon peuple apeuré par la racaille et les voyous. Dans la tête de la droite, il parle d'autorité, de puissance, de légitimité ; dans celle de l'extrême droite, d'autoritarisme, de force, de loi.

Que l'autorité de l'Etat soit, en notre beau pays, largement entamée, c'est une chose sûre. Les moyens de la restaurer sont différents selon que l'on est de gauche (pédagogie, mesures, incitations, etc.) ou de droite (police, justice, prisons). Mais l'autorité de l'Etat est la sienne, non celle de Sarkozy.

vendredi 23 février 2007

Il piccolo caporale !

"Un Blair de droite, un Berlusconi sans milliards, un Bush intelligent, un De Gaulle sans stature, un Mitterrand sans l'Histoire":  tel est Nicolas Sarkozy  pour le correspondant du Corriere della Sera en France, Massimo Nava, qui publie en Italie la première biographie du candidat de l'UMP. Intitulé Le Français de fer (éditions Einaudi, 265 pages, 15,50 euros), l'ouvrage décrit "un populiste d'un genre nouveau"  qui serait "un Fini sans passé fasciste". C'est Gianfranco Fini, leader d'Alliance nationale (droite), qui a écrit la préface des livres de Sarko parus en Italie.

MDR ! Il faut que ce soit les italiens pour bien définir le petit caporal ! Il faut dire qu'avec Berlusconi, ils ont l'expérience...

jeudi 22 février 2007

Cher Aldous...

Quelques décrets et lois promulguées en force et en fin de législature montrent bien les velléités répressives du gouvernement. Nul doute qu'ils satisfassent pleinement NS qui aurait ainsi tout un arsenal à sa disposition pour faire taire les contestataires. Ainsi, l'Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre (April) relève l'hypocrisie d'un décret (décret du 23 décembre 2006 "relatif à la répression pénale de certaines atteintes portées au droit d'auteur et aux droits voisins" (numéro 2006-1763)) selon lequel « l'utilisateur d'un ordinateur serait passible d'une contravention de 4ème classe des actes légitimes comme, par exemple, la lecture avec un logiciel libre d'un DVD acheté dans le commerce, ou de toute autre information contrôlée par une mesure technique ». 

Autre loi propre à satisfaire NS et votée, elle aussi, au dernier moment histoire de couper court à toute contestation est le projet de loi relatif à la prévention de la délinquance. L'article 26 bis A Section 4 bis du texte de loi stipule que « est constitutif d’un acte de complicité des atteintes volontaires à l’intégrité de la personne [...] et est puni des peines prévues [...] le fait d’enregistrer sciemment par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions ». La Ligue Odebi relève que cette loi permettrait de punir tout vidéaste qui témoignerait de violences. On peut alors supposer qu'un vidéaste qui aurait pris des flics en train de tabasser un quidam pourrait être poursuivi... Ca promet. 

Par la même occasion, on découvre le rapport de Marc Tessier intitulé La presse au défi du numérique qui préconise notamment le "respect de certains critères de qualité" et propose de "faire ressortir" les sites qui respecteraient ces "règles précises de déontologie et de contenu. On se demande bien qui va édicter ces critères de qualité et ces règles de déontologie et de contenu... On voit bien là aussi la tentative de réglementation de l'information numérique, distribuant les bons points aux Loïc Lemeur et consorts bien propres sur eux et fustigeant les contestataires.

On voit bien qu'avec cet arsenal répressif la droite tente de museler par le système de la saturation toute contestation. En fait, ce ne sont pas les grandes lois votées avec tambours et trompettes qui sont réellement dangereuses pour nos libertés que ces décrets, petites lois discrètes qui s'ajoutent l'une à l'autre pour forger un maillage répressif très inquiétant.

La société que nous prépare en catimini la droite ressemble de plus en plus furieusement à celle du « Big Brother » que nous promettait A. Huxley...


vendredi 16 février 2007

Rats

Ca y est ! Ils sont en passe de réussir. Qui « ils » ? La droite extrême libérale qu'incarne NS et ses séides. Effectivement, tout le travail de sape immonde qu'ils ont entrepris contre Ségolène Royal est en train de commencer à porter ses fruits. La tactique de la saturation fonctionne à plein. A force de diffamer à longueur de journée, de dénigrer à la moindre occasion, de mentir éhontément et cyniquement, de démagogiser à gogos, des esprits faibles (et je suis poli) pensent quitter le navire (ai-je dis des rats ?) qui leur semble faire eau de toute part. C'est lamentable, lâche, misérable au possible. 

Une réflexion particulièrement intelligente et subtile d'Annie Ernaux (Ecrivain) résume bien l'affaire : « Au sujet de Ségolène Royal s'exprime toujours le même inconscient machiste. Une espèce de condescendance larvée. Il y a quelque chose d'obscurément perçu comme illégitime dans son ascension, y compris par les femmes. On est décidément en plein dans la « domination masculine » décrite par Bourdieu. Son idée de démocratie participative m'intéresse, mais son discours est encore trop conservateur. Je n'exclus cependant pas de voter pour elle à cette heure, car le petit caporal Sarkozy représente à mes yeux un énorme danger : ultralibéralisme et mainmise sur tous les pouvoirs. Elle est bizarre, cette campagne, on est à la fois dans le mou et le terrible. Une énorme surprise est à craindre, comme en 2002. »

Bon, que des gros machos vieillissants comme R. Hanin, A. Finkielkraut, A. Glucksmann et quelques autres anciennes gloires veuillent se faire un peu mousser en jouant les transfuges, soit. Mais le problème est que ces abrutis sont les clous qu'enfonce avec délectation l'umpereur et son staf dans la tête du bon peuple et que ce dernier, à force de se faire matraquer, croit ce qu'on lui dit dorénavant : Ségolène est finie. Et voilà qu'un mouvement d'hésitation, d'incertitude, de doute envahi même les plus intransigeants des supporteurs. Comme une grande partie de la presse aux ordres suit le mouvement en l'amplifiant, il faudra beaucoup de ténacité et de constance à Ségolène pour qu'elle poursuive son mouvement. Mais je hais ces pauvres types qui abandonnent leur âme par opportunisme ou pour des prétextes minables qu'ils essaient d'enrober dans des justifications fumeuses et lamentables.

Je cite encore une réflexion pertinente de Françoise Miquel (Condisciple de Ségolène Royal à l'ENA) : « Ségolène n'a pas de vision, mais elle est moderne avec sa démocratie participative que les hommes politiques semblent ne pas comprendre. Sans doute parce que depuis la Révolution française le cerveau rationaliste primait. Avec l'ère médiatique, le cerveau intuitif devient primordial. »

Je ne résiste pas non plus au plaisir de citer la très intelligente Chantal Thomass (Styliste) qui nous sort un argument imparable et digne d'un beauf de la belle époque : « En 1998, elle s'était indignée des mannequins qui portaient ma collection de lingerie en vitrine aux Galeries Lafayette. Eh oui, pour vendre un produit, on a tendance à montrer de jolies filles. Elle aussi on l'a vue en bikini cet été. »


A propos de fissure temporelle

Pour rebondir sur un événement assez remarquable que nous vécûmes ce soir, une amie et moi, et que je relaterai bientôt, ci joint un texte que j'écrivis un jour probablement un peu brumeux et que je promis de lui montrer.

« Spleen et mauvais esprit

Ca me gêne.

Nous aussi, dans le quartier, on a nos tours jumelles. Mais, il fait nuit, il pleut et ça n'intéresse personne malgré les courriels que j'ai envoyé à Ben Laden. En désespoir de cause, j'ai écrit à un groupe de delta-planes, mais ils ont peur d'abîmer leurs machines. Ils sont nuls ! J'ai aussi essayé de les faire tomber en les prenant en photo de travers, mais ça ne marche pas. Va falloir se coltiner ces parallélépipèdes immondes encore longtemps, semble-t il... »


samedi 27 janvier 2007

Mauvaise conscience

«... de toute façon, il faudra payer». Combien de fois avons nous entendu ou, pire, pensé cette réflexion. Cette mentalité consistant à avoir mauvaise conscience d'une réussite quelconque me consterne profondément. 

Qu'on cherche par tous les moyens à « réussir » dans la vie (je ne gloserai pas sur cette notion de réussite, ce n'est pas mon propos aujourd'hui), je trouve ça parfaitement normal, sain et dynamique. Mais certains, ayant « réussi » d'une manière ou d'une autre, ont tout à coup, comme un frisson glacé d'angoisse devant un accomplissement qu'ils considèrent soudainement comme injuste et de courte durée. «... de toute façon, il faudra payer». On a ici un des effets pervers ( un dommage collatéral comme on dit ces temps ci) qu'a engendré la religion chrétienne et qui a fort probablement largement freiné le développement de la société latine occidentale. Il est à remarquer que le protestantisme anglo-saxon n'impose pas cette mauvaise conscience typique qui considère la réussite sociale comme anormale. Le rapport bizarre à l'argent en France en est aussi une autre conséquence. La méfiance envers ceux qui en gagnent s'était cristallisée en d'autres temps (pas si lointains...) sur les juifs, sensés être à la fois riches séculiers et fautifs réguliers.

En tout état de cause, il faut arriver à se débarrasser de cette façon d'envisager la dynamique de la vie qui a plus tendance naturellement à aller vers un mieux (qualitatif, pas un plus quantitatif). L'amélioration de sa vie vers un mieux possible est tout à fait normal, pas d'avoir cette espèce d'épée de Damoclès que la pauvreté matérielle ou même mentale (pas spirituelle) mènerait directement au paradis après la vie. A ce propos, la simplicité intellectuelle est presque suggérée, conseillée pour cette religion de la mauvaise conscience, de la peur et de la soumission. Non que je me réfère au sur-moral ou a-moral nietzschéen, mais on ne peut dénier que la vie est dynamique et matérielle et non une préparation permanente à la mort.


Encore des claques !

Et une claque, une pour Sarkozy qui a osé se présenter à la cérémonie religieuse pour l'Abbé Pierre à Notre Dame. Le cynisme de ce type m'écœure au plus haut point. Je ne peux plus supporter ces tentatives de récupération politique obcènes. Heureusement, il a été copieusement sifflé. Mais cela ne le dispense pas de la claque.

De toute façon, il a droit à une autre claque pour le montage en épingle immonde de la blague faite par Ségolène sur la Corse. Ca commence à bien faire cette façon de dénigrer la moindre parole un peu décalée que dit cette dernière.

C'est particulièrement ignoble parce qu'il tente, avec ses sbires, de créer un climat délétère autour de Ségolène Royal, créant une image d'elle négative en grossissant démesurément ses moindres faits et gestes par des dénigrements permanents. C'est typique de la droite. C'est toujours la même méthode : « diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose ». Quitte à ensuite revenir (discrètement) sur ces agissements.

Evidemment, dans la droite ligne de ce que j'ai appelé ailleurs la « technique de la saturation », Sarkozy, efficacement secondé par ses petits soldats, multiplie les attaques de toutes sortes comme le ferait un essaim de guêpes. L'un attaque Mélanchon à l'Assemblée Nationale ( une claque), l'autre (Fillon) agresse vulgairement Hollande dans une émission télé (une autre claque).

Il faudrait vraiment dénoncer ces agissements et remettre un peu de dignité, comme l'a la gauche, dans cette campagne électorale.

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