Etzel ou l'étonnement

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 18 octobre 2019

De la décomplexion ou la démocratie malade dʼelle même.

Cela fait un certain temps que je réfléchis à une notion que je pense être un des dénominateurs communs du délitement de notre société, voire de celui de notre démocratie. Il sʼagit de la “décomplexion”, concept qui me semble parfaitement signifier ce quʼil dit. La psychologie lʼénonce comme une « attitude consistant à se libérer de ses tabous et de ses complexes, en érigeant ses propres instincts et préjugés comme seule norme acceptable ». Je n'ai pas trouvé de meilleure expression pour transposer sur le plan social ce comportement qui consiste donc à porter haut et fort des attitudes ou des sentiments plus ou moins inavouables ou honteux qui auparavant restaient cachés, comprimés, même implicitement règlementés. La mauvaise conscience de certains s'est affranchie des tabous et interdits en lâchant toutes les vannes de la morale. Être de droite ou d'extrême droite, violent, misogyne, raciste, homophobe ne sont plus des tares mais presque une gloire. Les pires valeurs de ces partis se montrent au grand jour et sont accaparées par des aventuriers qui n'attendaient que ce blanc seing pour commettre leurs méfaits. La cupidité, tare originelle de l'homme, devient presque une qualité, copiant en cela les dérives catastrophiques anglo-saxonnes avec, par exemple, lʼélection à la tête du pays dʼun businessman pour qui le profit passe avant toute chose, saccageant les pénibles efforts fait pour lʼamélioration de lʼhumanité, même sa simple sauvegarde ou bien le vote du Brexit en dépit du bon sens et celle dʼautres pseudos dictateurs un peu partout dans le monde. La peur, la colère, la pauvreté sont autant de comburants qui favorisent la montée au pouvoir dʼextrêmes et de despotes qui font leur lit de ces angoisses. Certains dirigeants ont démontré par la négative la valeur de l'exemple et en a fait prendre conscience des effets dévastateurs sur certains esprits. Toutes les valeurs humanistes que défendent et tentent d'inculquer aux peuples depuis des siècles les éducateurs, de grands esprits et les penseurs sont balayées d'un coup de “karcher” cynique.
La décomplexion est devenu un mode de pensée, une façon de vivre quand elle favorise les intérêts de chacun. Le groupe est éliminé au profit exclusif de lʼindividu, ce que favorisent les réseaux sociaux qui, même sʼils ont pour vocation le partage, exacerbent lʼégocentrisme de leurs utilisateurs. Dʼune attitude psychologique personnelle au paravant réprouvée, la décomplexion est devenu un tsunami social par lʼagrégation de toutes les déviances.
Je parle donc ici dʼun phénomène social qui sʼest affiché au grand jour à partir de 2007 et qui prend ses racines bien avant, et mai 68 en est le détonateur, avec lʼeffacement progressif de lʼinfluence de grandes institutions telles que lʼÉtat, la famille, la religion, le syndicalisme, les partis politiques à lʼeffondrement desquels nous avons assisté récemment, les grands corps de métier, bref toute organisation qui possède intrinsèquement une autorité. Cette autorité maintenue par la notion de respect et légitimée par la place de ces organisations dans la société est niée et même combattue : Des adolescents font des gestes obscènes en présence même dʼun président de la république et lʼinterpellent familièrement ; des médecins et des infirmières sont insultés ou même frappés ; des instituteurs ou des professeurs voient leur enseignement contesté ou sont même agressés ; des pompiers et des policiers sont la cible de projectiles ou même de tirs dʼarmes à feu quand ils ne sont pas incendiés ; des cimetières sont profanés et des églises vandalisées ; des LGBT sont molestés en public quand ils ne sont pas assassinés, etc. etc. Je ne parle pas dʼautres délits multiples et variés dont les ressorts sont cette décomplexion qui consiste à faire ce que lʼon veut sans référence à la moindre morale. Elle sʼaffiche comme une volonté dʼamoralisme arrogant et éhonté. Elle se montre un peu partout mais surtout dans ce quʼon appelle pudiquement les “classes défavorisées” qui manifestent de façon primaire ainsi leurs inquiétudes et leur rage. Elle est une sorte de guerre larvée dont les bubons éclatent sporadiquement. Oui, une guerre, celle toujours existante malgré les dires, des classes sociales qui sont les mêmes depuis lʼanalyse marxiste : grossièrement divisées ce sont les prolétariats, les bourgeoisies (appelées aussi classes moyennes) et les nantis. Les prolétariats usent et abusent de la décomplexion comme dʼune arme désespérée ; les bourgeoisies se défendent avec le politiquement correct et les nantis comptent les points. Mais il y a longtemps que ces derniers la pratiquent (souvent financière elle) plus ou moins discrètement avec des accents de politiquement correct. Si la décomplexion des classes défavorisées se manifeste souvent brutalement, le politiquement correct des bourgeoisies elle fait dans la manipulation morale.
La rage populaire, les révoltes et les révolutions, les contestations des pouvoir en place ont toujours jalonné notre histoire. Elles traduisent une exaspération sociale extrême qui sʼest très souvent matérialisée par des violences destructrices. Vivons nous une énième résurgence de ces événements avec le mouvement récent des “gilets jaunes” qui est lʼillustration inquiétante de ce phénomène, alimenté par la croissance exponentielle de lʼinfluence des réseaux sociaux, vecteurs maintenant incontournables de la communication de masse. Même si ce mouvement ne concerne directement quʼune minorité “agissante” (comme disait qui vous savez !), il est compris et soutenu par beaucoup. Je ne parle pas ici des casseurs qui torpillent ce mouvement, qui ont toujours existé et dont les motivations relèvent plus de la délinquance que de revendications politiques ou sociales exacerbées. Encore que certains ont remarqué que la violence amenait une réponse favorable dʼun pouvoir dépassé...
Ces réseaux sociaux donc, lieux de tous les débordements où lʼavis dʼun quidam vaut celui dʼun intellectuel de haut vol, ont permis sous le couvert de lʼanonymat de déverser tous les sentiments, des plus honorables aux plus extrêmes. La décomplexion y a trouvé un territoire dʼexpression inespéré. De ce fait, les classes défavorisées ont décidé de dialoguer de pair à pair avec les instances dirigeantes du pays quʼelles défient régulièrement impudemment et impunément. Les réseaux sociaux accompagnent les manifestations de rue jugées insuffisamment efficaces. En dehors de toute rationalité, ces groupes exigent le départ du président de la République et la dissolution des assemblées sans réflexion sur les conséquences de tels événements, sans solution de remplacement, sans parler dʼautres injonctions irréalistes. Il faut reconnaître que les errements et les trahisons des politiques ne favorisent pas la confiance ni lʼexemplarité quʼils auraient dû montrer.
Le problème est aussi que la plupart des media, quʼil sʼagisse des media papier, audio ou video, tous supports confondus, ont pour beaucoup abandonné toute déontologie et des journalistes ou présentateurs dʼémissions de variétés, pour augmenter leur audience nʼhésitent plus à afficher leurs opinions à leurs publics et à dénigrer en toute décomplexion des personnalités, ce qui, en retour, enflamme instantanément les réseaux sociaux qui nʼen demandaient pas tant. De ce fait, des media reprennent certains excès desdits réseaux sociaux fermant ainsi une boucle qui se nourrit exponentiellement dʼelle même... Dʼailleurs la relation amour/haine entre les media et les réseaux sociaux est dans ce contexte particulièrement représentative dʼun délitement des valeurs.
Nous savons aussi que des organisations profitent de cette ambiance par lʼintermédiaire des réseaux sociaux pour distiller désinformation, propagande et prosélytisme en toute impunité. Par ailleurs toutes les personnes, institutions qui ont décidé de dialoguer avec les gens par ce moyen se voient inondés dʼinsultes et de menaces au moindre faux pas, à la moindre parole imprudente, mises en accusation par des tribunaux de juges invectivant et hurlant à la mort.
La montée en puissance des extrêmes et particulièrement de lʼextrême droite, jalousée en cela par lʼaile dure de la droite traditionnelle, devient un problème dramatique dans notre pays comme dʼailleurs un peu partout dans le monde. Les valeurs quʼelle porte, est il utile de le rappeler, sont à lʼopposé de nos valeurs humanistes. Je crains que le phénomène de décomplexion, aidé par lʼinfluence des réseaux sociaux, ne soit un accélérateur puissant de cette dérive. Beaucoup de situations et notamment les élections sont gangrénées par ce cancer. Le consumérisme politique à tout va, miroir fidèle dʼune société malade de sa richesse, détourne et dénature le sens profond de nos institutions électorales, les transformant en un vaste marché où les candidats font assaut de démagogie et où les électeurs-consommateurs choisissent celui dont le rapport qualité/prix sera le plus intéressant...
De récente études montrent que plus la xénophobie et la haine verbales sont diffusées via les réseaux sociaux, plus elles facilitent le passage à lʼacte dans la vie réelle...
Cʼest en cela je pense que notre démocratie se trouve malade dʼelle même. Je ne peux en développer ici une phylogenèse au risque dʼy passer des heures entières. Mais, en résumé lʼhistorien René Rémond nous dit que « ... la démocratie appelle une éducation. On ne naît pas démocrate : on le devient. La démocratie ne va pas de soi, elle n'est pas naturelle : elle est même le contraire de l'état de nature. C'est le produit de l'histoire, une construction de la raison, maintenue par la volonté. Que la raison défaille, ou que la volonté se relâche, et la démocratie risque de succomber. Elle n'est pas inscrite dans le code génétique d'aucun peuple. Aussi est-elle fragile et ses réalisations précaires. Chaque génération doit la réinventer. Elle requiert donc une éducation qui comporte l'apprentissage de ce qu'est la politique, son pouvoir et ses limites. ».
Pour tout dire la démocratie sʼadresse à un peuple éduqué et responsable. Sur le sujet de lʼéducation il y a aussi probablement à redire... Que ce dernier (le peuple) ignore, oublie ou nie ses principes fondamentaux et elle défaille. Le concept de décomplexion en est la manifestation inquiétante puisquʼil en balaye sa construction au profit dʼun “anarchisme” populaire (pour ne pas dire plébéien) selon Socrate dans “La République” de Platon : « Que le père sʼaccoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter ses enfants, que le fils sʼégale à son père et nʼa ni respect ni crainte pour ses parents, parce quʼil veut être libre, (...). (...) Or, vois-tu le résultat de tous ces abus accumulés ? Conçois-tu bien quʼils rendent lʼâme des citoyens tellement ombrageuse quʼà la moindre apparence de contrainte ceux-ci sʼindignent et se révoltent ? Et ils en viennent à la fin, tu le sais, à ne plus sʼinquiéter des lois écrites, afin de nʼavoir absolument aucun maître. ». Ou comment Platon est tellement actuel même sʼil dénigre à longueur de page lʼidée de démocratie. Mais ceci est un autre problème...

jeudi 31 août 2017

Petits riens en sons et images...

Aujourd'hui il fait beau. Le soleil réchauffe avec constance l'air frisquet du matin créant une ambiance printanière. Le chaton dort quelque part dans la maison dans un nouveau nid qu'il s'est formé, rassasié d'avoir reçu sa dose laïque et obligatoire de papouilles quotidiennes (et de croquettes). Des moineaux se chamaillent à grands pépiements dehors. Un couple de tourterelles arpente le jardin consciencieusement. Un merle fait son marché comme s'il était chez lui. De superbes buses planent à la recherche d'une bestiole à serrer. Un quat quat passe dans la rue à toute allure poursuivi par une remorque dans laquelle des chiens de chasse aboient, comme une cavale infernale. La cloche de l'église sonne l'heure, deux fois, au cas ou quelqu'un aurait raté la première salve. D'ailleurs effectivement, habituellement on rate toujours les premiers coups qui nous prennent par surprise. Alors, on tend l'oreille, on attend la deuxième édition et on est content de savoir l'heure qu'il est et d'avoir réussi à ce petit jeu de piéger ce trublion impudent...

Pascal, mon ami, mon complice

Pascal, mon ami, mon complice,
ce n'était pas la peine de nous dire bonjour ou bonsoir lorsque nous nous voyions. À chaque rencontre, c'était comme si nous continuions une relation habituelle, une connivence qui perdurait le long du fil de nos vies. C'était une chose évidente, normale, simple comme peut l'être une vraie amitié. Il fut là dans cette relation joyeuse comme dans mes heures sombres.
Même si nous n'étions plus aussi présents l'un à l'autre, il y avait ce plaisir de nous retrouver de temps en temps que permet une amitié indéfectible dont je m'honorais.
Je n'oublierai jamais ces moments passés ensemble où naquit notre complicité, aussi bien dans notre travail qu'en dehors lorsque notre amour de la musique et notre plaisir nous emmenaient d'une église à une salle, trainant tant bien que mal des kilos de matériel pour enregistrer des concerts ou des disques. Puis je fus un témoin de son bonheur familial avec Séverine et ses garçons Thomas et Léo, et j'en étais content pour lui, pour elle, pour eux.
Pascal était une belle âme, un homme droit, un époux aimant et prévenant, un père accompli et attentif. Sa vie c'était eux avant tout et je sais qu'ils en étaient heureux.
Terrassé par un mal impitoyable Pascal s'en est allé sans dire au revoir, comme si notre amitié perdurait dans le temps, éternellement.
C'était “le Scal”, mon ami, mon complice. J'ai un autre trou dans le cœur.

20/03/2014

jeudi 10 novembre 2016

Les monstres...

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », écrivait Gramsci...

Sidéré, incrédule. Tel est mon état en ce petit matin d'un mercredi pluvieux et grisâtre de novembre 2016. Et pourtant, j'aurais du m'y attendre. Comme ce 16 mai 2007 lorsque l'annonce de l'élection de Sarkozy tombe, comme plus récemment le Brexit anglais, comme l'élection d'Orban en Hongrie en 2010 ou celle d'Erdogan en Turquie ou la montée inéluctable des partis d'extrême droite un peu partout dans le monde ou encore... ou encore... Les signes sont pourtant là, bien visibles pour qui est vigilant : la majorité silencieuse, débarrassée de ses culpabilités, décomplexée, telle un anarchiste fou, avait donné de la voix et avait porté au pouvoir le populiste démagogue local. Pas forcément parce qu'elle croyait aux promesses d'un bateleur vociférant et tonitruant, mais par colère, dépit et vengeance, pour détruire le mal par le mal. A contrario de l'habitude qui veut qu'on élise le moins pire, elle a choisit d'élire le plus pire, histoire de voir ce que ça va donner. Même pas peur. Plus rien à perdre.

Le pire, c'est que les promesses électoralistes de ces petits dictateurs en puissance ne tiendront que le temps de l'élection. Bien qu'on ne puisse traiter de dictateur Mitterrand (encore qu'il avait introduit la notion de “Coup d'état permanent”), par exemple ses promesses de lendemains qui chantent d'une gauche triomphante n'ont duré que le temps de se confronter à la “real politic”. Sans vouloir trop faire de parallèle, on va probablement bien rire (jaune !?) lorsque le chien fou Trump va se cogner durement à la réalité des choses de la gouvernance d'un pays, de sa complexité, de ses compromis et de ses contradictions. À part s'il veut détruire complètement le pays... Qui va gagner de “l'establishment” ou de la révolte ? « C'est une révolte ? - Non Sire, c'est une révolution ». À quoi va mener tout ça, ce mouvement de fond mondial qui veut bousculer, voire éradiquer le système qu'il juge pourri ? Le pire de tout, c'est que nous aussi sommes convaincus qu'en effet le système est pourri (au moins une bonne partie) et, qu'au fond, spectateurs lâches, la conscience pas tranquille mais avec une délectation et une curiosité malsaine, trouvons que nos efforts permanents et vains pour le changer sont trop longs et n'amènent à rien et que, parfois, ne nous demandons-nous pas si un bon coup de balai pourrait être efficace même s'il faut manger avec le Diable...

On dira ce qu'on voudra mais le fait est, et il est cinglant, que la démocratie a joué ici à plein son rôle et montre ses limites : “demos” : le peuple ; “kratein” : commander. Le pouvoir du, par le peuple. Le problème est que les athéniens présupposaient que le peuple, les citoyens étaient éclairés et responsables. Aujourd'hui, le peuple, ici la fameuse majorité silencieuse et hargneuse réagit affectivement et non logiquement en ouvrant la boite de Pandore du populisme et de la démagogie. Cette dérive est elle un passage obligé de maturation de la Démocratie ? Accessoirement, on remarquera que dans les pays démocratiques, même si ça donne des résultats bizarres, cette révolte se fait dans les urnes et non dans le sang...

vendredi 31 mai 2013

Pathos et polis sont dans un bateau...

À propos du rapport Dautzenberg sur l'e-cigarette : C'est le problème de nos sociétés po-lissées à l'extrême : tout comportement susceptible de perturber le fameux trio travail-famille-patrie, toujours appliqué par les classes moyennes (encore que la patrie est un peu tombé en désuétude), est considéré comme un problème pathologique donc objet de soins angoissés (sinon hystériques) et sur-médicalisés. Toute manifestation de ces comportements dans l'espace public (et non publique comme s'obstinent à l'écrire certains) devient quasiment délictueux. 

Il faudra prendre en considération ces aspects lors du prochain changement de société.

vendredi 26 avril 2013

Mur des cons...

Sur l'événement médiatico-politique de la découverte et de la dénonciation à portée hautement philosophique du fameux “mur des cons” du SM : 

Une fois de plus un torchon en mal de publicité et s'imaginant concurrencer Mediapart dans l'ignominie et l'irresponsabilité tente de faire le “buz”. On atteint dans ce pays le niveau de la “presse” anglo-saxonne pour laquelle le moindre faux-pas est sujet à dénonciations et vomissements immondes histoire de satisfaire le pauvre neurone avide de sensationnalisme de la ménagère de moins de cinquante ans et des cerveaux disponibles et par là augmenter les ventes/abonnements. Ces agissements nourrissent la frange la plus réactionnaire de la société. Évidemment, la droite et ses supporters, qui en font partie et qui n'en demandaient pas tant, sautent sur l'occasion et aboient à qui mieux mieux. L'obsession sarkozienne de dénigrer et supprimer ces empêcheurs de tourner en rond que sont les juges refait surface et sert de support commode à la haine droitière. La réaction saine du gouvernement serait d'ignorer ces gesticulations et de ne surtout pas entrer dans le jeu de l'opposition, qui n'attend que ça pour surenchérir, en faisant quelque déclaration que ce soit.

Tiens, d'ailleurs je vais aussi me faire mon mur des cons. J'ai seulement peur de ne jamais avoir assez de place...

lundi 15 avril 2013

La gifle

À propos de l'article du Monde du 09/03/12 « Le roman de la gifle »

Rendre un enfant responsable de ses actes. Voilà la question posée qui soulève le problème des causes et des effets (celui éducationnel des parents et celui social des actes des enfants). Car il est éminemment question d'éducation ici. Expliquer avec amour à un gamin de 6 ans que des actes ont des conséquences prend du temps et des efforts. C'est l'éducation « préventive » que peu de sociétés privilégient. Elles préfèrent la sanction punitive. Elles infligent des amendes aux adultes et traînent en prison les plus récalcitrants. Elles giflent leurs enfants après leurs infractions (difficile d'infliger une amende à un gamin). C'est l'éducation « réparatrice » que préfère la majorité des sociétés. Ça coûte moins cher.

La pratique c'est de claquer un gamin qui a fait une bêtise. Sanction immédiate à défaut d'être pédagogique. Mais c'est la moins pire, à moins d'ignorer, ce qui est particulièrement destructeur. On en arrive à la baffe pédagogique et affectueuse qui a pour but de créer (comme l'application d'une condamnation judiciaire) un électrochoc salutaire chez l'impétrant.
La question reste : doit on ignorer les infractions de nos gamins et les laisser impunies en attendant cette société idéale dans laquelle les parents, éducateurs en diable, favoriseraient une éducation préventive à une réparatrice ? Une société dans laquelle les parents auraient le temps, l'énergie et la culture de s'occuper de leurs enfants... Et quel genre de punition donner en cas de transgression ? Priver de sortie, de dessert, d'argent de poche, de télé, de jeux vidéos ? Pourquoi pas. C'est appliquer aux enfants une justice de type adulte : on prive le « délinquant » de quelque chose, une des pires sanction étant la privation de liberté. Faut il encore que l'enfant accepte la punition, l'interprète correctement et que cette dernière soit justifiée. Mais c'est du boulot ça Madame !

C'est ici que se positionnent les parangons de l'éducation non violente, dont on voit bien les effets catastrophiques chez les américains avec leur précepte de « l'enfant roi » qui sont d'ailleurs en admiration devant notre système et qui me font bien rire (jaune). Ils sont bien plus dangereux que les administrateurs de baffes. Ce sont eux qui placent les parents dans une position intenable où ils n'osent plus claquer leurs mômes et où ils n'ont pas le temps de s'occuper d'eux efficacement. Ils se reposent alors sur les éducateurs institutionnels (maîtres, professeurs et autres divers intervenants genre psychologues de tous poils et police) en se permettant de leur imposer ce qu'ils ne savent et ne peuvent faire eux même. Éducateurs placés eux même dans la même situation puisque chaque sanction est jugée et judiciarisée par des parents sourcilleux à défaut d'être compétents.
On a ici une situation particulièrement ubuesque où des gens qui ne s'occupent pas de leurs enfants, ne sont pas synchrones avec les éducateurs, osent leur imposer leur manière de voir. À terme, pourquoi pas, on aurait une école publique dans laquelle les maîtres suggèreraient à chaque enfant une éducation particulière, une charte personnelle indiquée par des parents déléguant leurs devoirs. Le dessin évoqué dans l'article du Monde est particulièrement juste et significatif (1969, une institutrice droite et sévère, en chignon, regarde deux parents furieux lancer à leur fils honteux : "C'est quoi ces notes ?" 2009 : devant un gamin hilare, les mêmes parents furieux s'en prennent à l'enseignante tremblante de peur : "C'est quoi ces notes ??"). Du coup, devant cet autoritarisme malsain (et typiquement français d'ailleurs), on ne trouve plus de maîtres/professeurs, de maires, d'infirmières, de pompiers, etc. étant donné que chaque dérapage (même minime) est immédiatement sanctionné par l'ire judiciaire de « citoyens » soit disant lésés. On peut aussi y voir une basse vengeance desdits citoyens contre un état lui aussi démissionnaire et indifférent et se portant sur ses modestes serviteurs. Mais ceci est un autre problème même si inclus dans une vaste question sociétale.

À coté de la gifle exceptionnelle, il y a l'éducation “à la claque” (coups, coups de ceinture ou du fameux martinet et autres objets contondants) qui s'approche dangereusement de la maltraitance et qui sanctionne physiquement la moindre incartade. Celle ci est déstabilisante pour l'enfant, voire destructrice et ses effets néfastes sont bien connus. Elle est bien sûr fortement déconseillée, voire interdite et à raison. Il y a des lois pour cela et nul n'est besoin d'en sur rajouter d'autres.
La violence faite aux enfants est un vrai problème qui n'a rien à voir avec la claque pédagogique exceptionnelle et qui relève, là, de toute l'attention de la justice et de son action. C'est ici que les tenants de l'éducation non violente sont dangereux puisqu'ils associent cette “giroflée à cinq feuilles” (comme disait mon grand-père qui ne s'est pas privé de m'en infliger) (probablement à raison puisque je ne lui en ai jamais voulu) (les enfants savent parfaitement reconnaître le juste de l'injuste et l'affection de l'indifférence) aux mauvais traitements de parents indignes. On est bien ici dans une société impuissante, inquiète et repliée sur elle même qui légifère à tour de bras pour la moindre action, en redondance totale avec des lois déjà existantes qu'elle dévalorise de ce fait. Sous prétexte de protéger les enfants maltraités qui sont loin d'être la majorité heureusement, ils généralisent le particulier au plus grand nombre, tentant d'imposer leur autoritarisme suspect à des parents désorientés. Ils usurpent le rôle des éducateurs habituels pour instaurer une morale qui ressemble fortement à un fascisme, s'insinuent dans la vie privée des gens. À l'État qui a démissionné depuis longtemps et qui transfère ses compétences au privé, ils tentent d'investir un créneau porteur et probablement rentable. Toujours se méfier des moralistes.

Pour terminer, il est évident que la gifle n'a rien d'obligatoire et qu'une éducation bien pensée ou un caractère d'enfant particulièrement réfléchi s'en passe tout à fait.

Mais : Une bonne claque vaut mieux que deux tu l'auras.

mardi 12 mars 2013

Arrière-pensée et parano

L'arrière pensée et la parano sont deux composantes importantes de l'être humain en général, et de l'être politique en particulier. Par être politique j'entends non seulement les hommes politiques mais aussi tous ceux qui gravitent autour d'eux d'une manière ou d'une autre.
L'arrière pensée est le double sens d'une action : son sens premier (explicite) et immédiatement visible et son sens caché (implicite) pas toujours immédiatement compréhensible, sauf à en connaître les tenants et aboutissants.
La parano est la méfiance, le manque de confiance quasiment organique par rapport à toute action politique. Elle en élimine d'office le sens premier pour se concentrer aussitôt sur son sens caché.
Donc, l'arrière-pensée (ou même sa suspicion) induit normalement et immanquablement la parano.
Le problème est qu'il n'est pas donné à tout le monde de décrypter les arrière-pensées pour en tirer la substantifique moelle. La guerre incessante entre les hommes politiques et leurs analystes reste restreinte à un petit milieu spécialisé. Sauf à faire connaître au plus grand nombre leurs déductions, le vulgus pecus, pas assez éduqué ou paresseux, n'est pas toujours au courant des sous entendus des politiques et, malheureusement, se contente de voir le sens premier de leurs déclarations. Certains d'entre eux, sachant que plus le sens premier est gros et incroyable, masquent derrière une forêt un arbre.
Tout cela induit immanquablement que tout résultat d'une action politique est celui d'un complot, qu'il soit catastrophique (affaires DSK) ou constructif (libérations d'otages). C'est cela qui fait que, la confiance en les hommes politiques étant de plus en plus réduite, les thèses « complotistes » fleurissent. Et tout parano qui se respecte voit des complots partout et à raison puisque tout ce qui est politique les porte génétiquement.
A-t-on raison d'être parano ?
Imaginer qu'un homme politique complote c'est lui donner un pouvoir créatif, visionnaire même puisqu'il faut qu'il prévoie les conséquences de ses actes, et de moyens, ce qu'il a plus facilement lorsqu'il est aux affaires que dans l'opposition. Accepter les dénégations d'un homme politique en ce qui concerne les complots qui lui sont attribués, dénote une grande erreur tactique de sa part et donne une piètre idée de ses pouvoirs. En fait, la suspicion de complot d'un homme politique le valorise dans ses capacités d'action si ce n'est moralement.
Le complot politique est-il acceptable ?
(à suivre)

jeudi 22 novembre 2012

Plus royaliste que le roi...

Le golpe de Copé...

Lire la suite...

mardi 6 novembre 2012

De quoi j'me mêle ?

La synergie bien connue entre la droite et l'Eglise fonctionne toujours à fond. Savoir laquelle des deux noyaute et influence l'autre est difficile à imaginer. Mais, comme par hasard, alors que la droite aboie largement contre le mariage pour tous et l'adoption dans ce cas, l'Eglise est sortie du bois et a doctement repris à son compte les arguments indigents de cette dernière.

Mais, ce qui est particulièrement inadmissible est que l'Eglise monte au créneau pour quelque chose qui ne la regarde en rien. Le mariage pour tous est une institution républicaine et laïque. L'Eglise n'a rien à voir dans son adoption ni dans sa mise en place. Elle ferait mieux de s'occuper du mariage de ses curés et des affaires qui l'entachent régulièrement.

Nous en concluons donc que c'est la droite qui a influencé l'Eglise et cela d'autant plus que le populiste chrétien Copé a lancé son intifada personnelle contre le gouvernement, menaçant la Terre entière des foudres “manifesteuses” de tous les cathos de l'Univers (chrétien s'entend), qu'il pense être une armée et qui, au mieux, ne seront qu'une poignée d'intégristes vociférant et bavant leur haine extrême droitière et anti-PD.

Accessoirement, la montée au créneau aussi des autorités musulmanes et juives me paraît hautement suspecte. J'aimerais savoir aussi de quoi elles se mêlent...

- page 1 de 5